Ça faisait un bail ! Loin de moi l'envie de me justifier : j'aime bien l'idée de parler plus des "moments pas top" ici, histoire qu'on aille contre ces mouvements de surcontrôle, de lissage qui figent tout dans un pseudo réel sans saveur (et effrayant, on va pas se mentir).
Bloqué car il y a eu beaucoup de fatigue, peu de temps pour mon art. Peu d’énergie pour expérimenter alors que j’entamais une nouvelle métamorphose. Mais aussi, j’avais je crois un peu peur de me confronter à mes ressentis, à mes peurs dans un monde que j’ai de plus en plus de mal à comprendre.
Car avec le recul, j’ai fini par réaliser que ces émotions, elles sont dans tous les visages que je craignais de représenter et qui pourtant m’attirent comme un aimant.
Le portrait, c’est mon obsession la plus ancienne, en tous cas depuis que je dessine autre chose que des héroïnes Disney et des Pokémon pour mes camarades de classe (mes premières commissions).
Ce n’est pas une fin en soi : j’ai besoin de représenter bien d’autres choses pour faire vivre des émotions et transmettre les messages qui me tiennent à cœur. Mais c’est un vrai refuge.
Un refuge et aussi le lieu où je cherche à l’infini : qu’est-ce que cette personne traverse ? Ses ressentis ? Ses héritages ? Son histoire, ses démons ? Ce qu’elle va laisser ?
Un refuge vertigineux. Un miroir qui me lie aux autres.
Voyez comme je suis déterminée et patiente (ok ça dépend pour quoi) ! Quand j’ai repris le dessin, c’est des dizaines de femmes que j’ai entrepris de rencontrer, en tous cas au travers d’images d’elles, d’instants figés.
Avec un seul objectif : les rendre les plus vivantes possible, quitte à ce qu’on les qualifie de monstrueuses parce que « trop » [ceci ou cela] : une si belle laideur qui quelque part n’appartient qu’à elles et qui pourtant nous appartient aussi à toustes 🖤
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